Douze ans après les attaques attribuées aux rebelles des ADF à Ngadi, dans la région de Beni, au Nord-Kivu, les souvenirs des violences restent profondément ancrés dans les mémoires. Malgré les pertes humaines et les traumatismes, des habitants continuent de se battre pour reconstruire leur vie et réclament justice pour les victimes.
Le jeudi 15 octobre dernier, des bougies ont été allumées sur le site de l’Université officielle de Semuliki (UOS), à Beni. Au-delà du recueillement, cette cérémonie était un message de résilience : malgré les violences et les pertes humaines, la population est toujours debout.
Parmi les personnes marquées par ces événements figure Charline Wakine, qui a perdu son unique frère dans une embuscade sur la route Beni-Kasindi. Des années après ce drame, elle témoigne d’une douleur qui reste difficile à surmonter.
« Cette situation m’a causé une profonde douleur. Jusqu’aujourd’hui, je ne peux pas dire que je suis totalement guérie. J’essaie de faire des efforts pour guérir et apprendre à vivre avec cette douleur », confie-t-elle.
La résilience, un appel à la responsabilité collective
Pour Jason Kathya, jeune influent de la région, la résilience ne consiste pas seulement à survivre aux violences. Elle implique également de prendre conscience de la gravité de la crise et de s’engager pour éviter que de telles tragédies ne se reproduisent.
Il appelle ainsi chacun à assumer ses responsabilités face à la situation sécuritaire qui affecte la région. « Le dernier message, c’est d’appeler tout le monde à prendre ses responsabilités et à comprendre que la crise qui se passe ici est la plus grande crise de la décennie », déclare-t-il.
Un appel à la solidarité internationale
De son côté, Guylaine Kahumula interpelle la communauté internationale sur la nécessité de maintenir son attention sur les violences qui touchent l’est de la République démocratique du Congo. « Il ne faut pas que la communauté internationale s’occupe des autres pays et oublie l’est de la République démocratique du Congo », lance-t-elle.
Entre mémoire, résilience et quête de justice
Douze ans après les attaques commémorées à Ngadi, les blessures restent présentes dans de nombreuses familles. Pourtant, les habitants continuent de chercher des moyens de reconstruire leur quotidien et de préserver l’espoir, malgré les difficultés liées à l’insécurité.
Cet article est produit dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des journalistes et des médias du Nord-Kivu sur le journalisme de paix pour la cohésion sociale », exécuté par l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), section du Nord-Kivu, avec l’appui de la Direction du développement et de la coopération (DDC Suisse). À travers cette initiative, l’UNPC Nord-Kivu entend renforcer le rôle des médias comme acteurs de la paix et de la cohésion sociale.
Isaac Bin-Ngeve