À l’occasion de la Journée internationale de la non-violence, célébrée le 2 octobre de chaque année, les acteurs de la société civile et les membres des mouvements citoyens à Beni, au Nord-Kivu, sont appelés à privilégier les manifestations pacifiques dans leurs revendications. Cette approche permet de faire entendre les préoccupations de la population tout en préservant les vies humaines, les biens et la cohésion sociale.
En juin 2007, l’Assemblée générale des Nations unies a décidé de célébrer la Journée internationale de la non-violence chaque 2 octobre, date anniversaire de la naissance du Mahatma Gandhi. Cette initiative vise notamment à promouvoir une culture de la paix à travers l’éducation, le développement économique et social durable, ainsi que le respect des droits humains.
À Beni, Nick Junior, activiste du mouvement citoyen Lutte pour le changement (LUCHA), estime que les revendications pacifiques constituent un moyen efficace pour permettre à la population de faire entendre sa voix. « Tout citoyen a le droit de manifester, mais cette manifestation doit rester pacifique. Au sein de la LUCHA, lors de chaque marche, nous prônons le bien-être de la population. Lorsque nous voyons des barricades, nous les enlevons et expliquons aux jeunes que nos revendications peuvent être entendues sans poser des actes de vandalisme », a-t-il déclaré.
Les violences, une menace pour les vies humaines
Cette position est également partagée par Maître Pépin Kavotha, président de la Coordination urbaine de la société civile de Beni. Selon lui, les manifestations violentes peuvent entraîner des pertes en vies humaines, des dégâts matériels et une détérioration des relations entre les manifestants et les autres membres de la communauté. « Lorsqu’il y a des manifestations violentes, certains manifestants détiennent des armes blanches et peuvent causer des dégâts humains et matériels. Pour intervenir, la police peut à son tour utiliser des armes à feu, ce qui peut occasionner des morts et des blessés », a-t-il expliqué.
Il a également déploré les conséquences de ces violences sur les activités commerciales, notamment lorsque des kiosques sont renversés et que les marchandises des commerçants sont détruites. « Cela crée davantage de méfiance entre les manifestants et les vendeurs. Toute personne qui participe à ces manifestations doit respecter les libertés individuelles et abandonner les marches violentes », a insisté Maître Pépin Kavotha.
Promouvoir une culture de paix et de tolérance
Au-delà de la dénonciation des violences, la Journée internationale de la non-violence constitue une occasion de promouvoir des valeurs essentielles à la vie en communauté. Il s’agit notamment du respect de tous les droits humains, de l’égalité entre les femmes et les hommes, de la participation démocratique, de la compréhension mutuelle, de la tolérance et de la solidarité.
À Beni, le recours aux manifestations pacifiques apparaît ainsi comme une voie permettant aux citoyens d’exprimer leurs revendications tout en contribuant à la préservation de la paix et du vivre-ensemble.
Charmante Sikuli