À Beni, dans le Nord-Kivu, la multiplication des forages dans les différents quartiers facilite l’accès des habitants à l’eau potable. Cette proximité des points d’approvisionnement contribue également à prévenir les disputes et à renforcer la cohésion sociale au sein de la communauté.
Avant l’installation de nombreux systèmes d’approvisionnement en eau, notamment les forages, l’accès à l’eau potable constituait une véritable épreuve pour certaines familles de la ville de Beni. Les habitants étaient parfois contraints de se réveiller dès deux heures du matin pour se rendre aux points d’eau et attendre longuement leur tour.
Ces longues files d’attente, combinées à l’insuffisance des robinets et aux désaccords sur le nombre de bidons à remplir, étaient souvent à l’origine de disputes, voire de bagarres entre les habitants.
Témoignage positif
Un habitant témoigne des difficultés rencontrées à cette époque et des tensions qui en découlaient. « Trouver de l’eau était très difficile. Il fallait parfois se réveiller à deux heures du matin pour attendre son tour. Des bagarres éclataient parce que chacun voulait puiser de l’eau, alors qu’il n’y avait qu’un seul robinet. Malheureusement, ces conflits persistaient au sein de la communauté. C’était à l’époque où nous dépendions des canaux. Mais, depuis l’apparition des forages, nous n’assistons presque plus à ce genre de disputes. »
Aujourd’hui, la situation semble s’être améliorée dans plusieurs quartiers de la ville, grâce à la multiplication des points d’approvisionnement en eau. Un autre habitant souligne la diminution des conflits liés à cette ressource essentielle. « Aujourd’hui, il est rare de voir des gens se battre à cause de l’eau. Les conflits entre voisins liés à son approvisionnement appartiennent progressivement au passé, car l’accès à l’eau est devenu plus facile en ville. »
L’accès à l’eau potable, un facteur de cohésion sociale
Pour Paulin Livimba, vice-président de la jeunesse à Beni, la disponibilité de l’eau potable constitue un facteur important de paix et de cohésion sociale. Selon lui, l’insuffisance des points d’approvisionnement a longtemps favorisé les tensions entre les habitants, particulièrement dans les quartiers densément peuplés. « La disponibilité de l’eau potable favorise la cohésion sociale dans la ville de Beni, car la pénurie d’eau a été à l’origine de nombreux conflits. Aux points d’eau communément appelés “canaux”, nous pouvions assister à des bagarres. Renforcer les points d’approvisionnement en eau contribue à consolider la cohésion sociale au sein de la communauté, surtout dans un contexte de surpeuplement de la ville de Beni. Nous saluons le système des forages, qui permet de rendre l’eau potable plus accessible à la population. »
Les forages, un moyen de prévenir les conflits communautaires
La multiplication des forages à Beni apparaît ainsi comme une réponse à un besoin fondamental des populations, mais également comme un moyen de prévenir les tensions liées à l’accès à l’eau potable. En réduisant les distances à parcourir et les longues files d’attente, ces infrastructures contribuent à limiter les occasions de mésentente entre voisins.
Au-delà de leur rôle dans l’amélioration des conditions de vie, les points d’eau constituent donc un levier de rapprochement entre les habitants. À Beni, faciliter l’accès à l’eau potable, c’est aussi contribuer à la prévention des conflits, à la consolidation de la cohésion sociale et au renforcement du vivre-ensemble dans les différents quartiers.
Cet article est réalisé dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des journalistes et des médias du Nord-Kivu sur le journalisme de paix pour la cohésion sociale ». Ce projet est exécuté par l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), section du Nord-Kivu, avec l’appui de la Direction du développement et de la coopération (DDC Suisse). À travers cette initiative, l’UNPC Nord-Kivu entend renforcer le rôle des médias, afin qu’ils deviennent de véritables acteurs de la promotion de la paix et de la cohésion sociale.
Maddy Nzanza Ilongo