
Au poste frontalier de Kasindi – Lubiriha, en territoire de Beni, au Nord-Kivu (RDC), les personnes vivant avec handicap font preuve d’une résilience exemplaire au travers le transport de marchandises entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda.
Mises à l’écart depuis de nombreuses années, ces personnes, grâce à leurs vélos, redéfinissent clairement leur place dans la société, en s’impliquant quotidiennement dans le transport transfrontalier.
« Ici, nous faisons le trafic transfrontalier en facilitant les activités d’importation des marchandises à l’aide de nos vélos entre la RDC et l’Ouganda, tout en assurant la manutention », s’exprimé Kisa Bwira, haut cadre de la plateforme de l’Union des associations de personnes vivant avec handicap.
Défiant les routes poussiereuses et les pistes commerciales, ces hommes et femmes franchissent la frontière avec des marchandises, assurant ainsi la liaison commerciale entre les deux pays.
« Nous avons déjà pris la décision de nous séparer de la mendicité. Auparavant, nous étions méprisés, considérés comme de simples gardiens de parcelles familiales », a fait savoir Mumbere Kapitula, l’une des personnes vivant avec handicap à la frontière congolo-ougandaise de Kasindi.
Le regard de la société change complètement envers ces personnes. Certains habitants témoignent d’une cohabitation harmonieuse et d’une collaboration quotidienne avec ces transporteurs.
« Je transporte des personnes vivant avec handicap depuis l’Ouganda jusqu’ici en RDC, et elles me paient. Je suis fier de travailler avec elles », a indiqué sous anonymat l’un des jeunes qui poussent, les vélos des personnes vivant avec handicap dans le transport des marchandises entre la RDC et l’Ouganda.
Les associations locales et les organisations de la société civile plaident ainsi pour un meilleur accompagnement de ces personnes vivant avec handicap, dorénavant actrices économiques, afin de consolider ces avancées.
À travers leurs vélos, les personnes vivant avec handicap ne transportent pas seulement des marchandises. Elles portent aussi un message fort d’inclusion, de dignité et d’espoir.
Cet article est produit dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des journalistes et médias du Nord-Kivu sur le journalisme de paix pour la cohésion sociale ». Un projet exécuté par l’Union Nationale de la Presse du Congo, section du Nord-Kivu, avec l’appui de la Direction du Développement et de la Coopération, DDC Suisse.
A travers ce projet, l’UNPC Nord-Kivu vise à transformer le rôle des médias, passant de simples observateurs ou rapporteurs à des véritables catalyseurs de la paix et de la cohésion sociale.
Paul Zaidi