Les conflits, en particulier l’insécurité persistante, ont laissé de profondes séquelles psychologiques chez de nombreuses personnes contraintes de fuir leurs milieux de vie. À Kasindi, grâce à l’accompagnement psychosocial, certains rescapés retrouvent progressivement espoir. Les acteurs locaux rappellent toutefois que la guérison des traumatismes demeure une étape essentielle pour consolider la paix et renforcer la cohabitation pacifique.
Les spécialistes de la santé mentale rappellent que les blessures psychologiques, souvent invisibles, peuvent affecter durablement les victimes lorsqu’elles ne bénéficient pas d’un accompagnement adapté. Le psychologue Kambale Mbavumoja Daniel explique que de nombreuses personnes continuent de porter les séquelles des violences et des événements traumatisants qu’elles ont vécus. « Les traumatismes psychologiques sont nombreux. Certaines personnes ont abandonné leurs champs et leurs biens ou ont perdu des proches lors des massacres. Elles revivent sans cesse ces événements et n’arrivent plus à retrouver le sommeil. Sans accompagnement, elles risquent de développer des troubles psychiques », explique-t-il.
Le soutien psychosocial pour retrouver l’espoir
Parmi les bénéficiaires, plusieurs témoignent de l’importance de l’accompagnement psychosocial dans leur processus de reconstruction et de retour progressif à une vie normale.
C’est le cas de Muhindo Kihimba, un habitant de Kasindi, qui affirme avoir progressivement retrouvé la tranquillité et l’espoir après avoir bénéficié d’une prise en charge. « Depuis que j’ai été orienté vers le service de prise en charge psychosociale de l’Hôpital général de référence de Lubiriha, j’ai reçu un accompagnement qui m’a aidé à retrouver progressivement la tranquillité et l’espoir », témoigne-t-il.
Signalons que les structures d’accompagnement expliquent que les personnes affectées sont généralement orientées par des relais communautaires ou des centres de santé afin de bénéficier d’une écoute attentive et d’un suivi adapté à leur situation. Sakina Hingana, conseillère psychosociale, décrit le processus de prise en charge : « Les survivants nous sont référés par les relais communautaires ou les structures de santé. Lorsqu’ils arrivent chez nous, nous les écoutons, nous échangeons avec eux et nous les accompagnons afin qu’ils retrouvent progressivement leur équilibre psychologique », explique-t-elle.
Guérir les traumatismes pour consolider la paix
À Kasindi, les acteurs engagés dans la promotion de la paix rappellent que la reconstruction psychologique des victimes constitue une étape importante dans le processus de sortie des conflits. Pour eux, soigner les traumatismes et accompagner les personnes affectées permettent non seulement de restaurer leur dignité et leur confiance, mais aussi de favoriser le rapprochement entre les communautés.
Dans une région longtemps affectée par l’insécurité et les déplacements de populations, l’accompagnement psychosocial apparaît ainsi comme un outil essentiel pour aider les victimes à se reconstruire et contribuer à l’instauration d’une cohabitation pacifique et durable. Cet article est produit dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des journalistes et des médias du Nord-Kivu sur le journalisme de paix pour la cohésion sociale ». Ce projet est exécuté par l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), section du Nord-Kivu, avec l’appui de la Direction du développement et de la coopération suisse (DDC). À travers cette initiative, l’UNPC Nord-Kivu entend renforcer le rôle des médias dans la promotion de la paix et de la cohésion sociale, en les encourageant à aller au-delà de la simple couverture des événements pour contribuer activement à la prévention des conflits et au rapprochement des communautés.