
Le commerce transfrontalier s’est transformé en outil de cohabitation pacifique entre les populations vivant les deux côtés de la frontière entre la République démocratique du Congo et la République de l’Ouganda dans le territoire de Beni, en province du Nord-Kivu.
À la frontière de Kasindi, le commerce transfrontalier ne se limite pas qu’aux échanges de marchandises, il va bien au-delà : la confiance qui rapproche les communautés voisines.
La routine s’est bien installée : chaque jour, des dizaines de petits commerçants font de va-et-vient à la frontière de Kasindi – Lubiriha. Malgré les difficultés ayant trait aux formalités administratives, ces commerçants parviennent à maintenir les relations apaisées avec leurs voisins.
« Nous travaillons ensemble comme des frères. Même s’il y a des difficultés, on privilégie le dialogue parce qu’on dépend les uns des autres », ont laissé entendre des commerçants, qui se sont exprimés à Sauti ya Amani.
Fabrice Ndavo, l’un de ces commerçants indique qu’au fil du temps, des liens solides basés sur la confiance et la solidarité ont été créés.
« Quand je traverse, je retrouve mes clients comme une famille. On se respecte et on s’entraide, c’est ça qui facilite notre travail », affirme-t-il, soulignant que le commerce est devenu un langage qui dépasse les frontières.
Ces relations contribuent à renforcer la compréhension mutuelle entre les populations. Selon les leaders communautaires, cette dynamique joue un rôle essentiel dans la stabilité de la zone. Élie Ombeni
» Le commerce rapproche les populations. Quand il y a des intérêts communs, les conflits diminuent et la paix s’installe progressivement «
Dans cette région souvent confrontée à des tensions, Kasindi illustre comment la coopération quotidienne entre Congolais et Ougandais peut construire un climat de confiance durable. Le commerce transfrontalier s’impose ainsi comme bien plus qu’un moyen de survie. Il s’agit d’un véritable levier de cohésion sociale et un pilier discret mais essentiel de la paix.
Paul Zaidi